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Arbres fruitiers pour climats rudes

Des arbres fruitiers pour climats rudes.


Conduite en espalier de poiriers.

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La plupart des arbres fruitiers de nos régions tempérées sont très résistants au froid. La ramure et les racines peuvent supporter des gels de l’ordre de – 20°C à – 30°C, températures rarement atteintes, dans l’hexagone. Toutefois la récolte peut s’avérer médiocre en raison de la précocité de la floraison qu’une petite gelée peut anéantir en une nuit. Les régions situées au nord de la Loire et en altitude ont donc tout intérêt à privilégier les essences à floraison tardive, d’autant que les insectes pollinisateurs ne sont actifs qu’à partir de 18°C. En outre, la durée de mûrissement des fruits doit être réduite afin de récolter des fruits ayant développé toute leur saveur.


Résister au froid.
Choisir le meilleur emplacement

Les masses d’air froid ont tendance à se diriger vers le point le plus bas, il faut donc éviter de planter en contre-bas des parcelles dans des endroits confinés qui les emprisonnent. Par ailleurs, les points hauts présentent l’inconvénient d’être plus exposés au vent. Cela peut provoquer des cassures de branches et perturber le travail des insectes pollinisateurs.

De plus, des pluies fortes au cours de la floraison lavent le pollen et de ce fait réduisent les chances de fécondation de façon conséquente. Sachez que les variétés de fruitiers sont sensibles à des degrés divers, à ce phénomène de coulure. La création de haies brise-vent, à condition qu’elles n’occultent pas le soleil, peut être une solution pour réduire tous ces risques.


Plantation sur butte et conduite en espalier

En montagne, la mise en terre des fruitiers est préférable au printemps.

Plantez sur butte pour éviter l’accumulation d’eau au moment de la fonte des neiges. Sur un terrain en pente, formez des terrasses pour éviter le ravinement. L’installation d’un bon tuteurage est nécessaire pour éviter que l’arbre ne soit entraîné par le poids de la neige. Deux tuteurs, de part et d’autre de l’arbre, inclinés dans le sens de la pente viendront soutenir un troisième, placé près du tronc, face au soleil.

Les fruitiers se prêtent aussi facilement à une conduite en espalier. En adossant l’arbre contre un mur exposé sud-ouest, celle-ci permet la plantation d’espèces plus fragiles.


Un entretien particulier


Il est important de prémunir l’écorce des arbres contre les écarts de température et la réverbération exercée par la neige. Pour cela, blanchissez les troncs au lait de chaux et entourez les écorces fines de toile de jute.

Evitez de maintenir un couvert végétal au pied des arbres qui a pour effet de rafraîchir le sol et l’atmosphère. Maintenez un sol propre en binant régulièrement.

Un arrosage par aspersion de la ramure permet de libérer des calories préservant ainsi les boutons du gel. Mais ceci suppose une installation d’asperseurs actionnés pendant toute la durée du gel et notamment la nuit !



Sensibilité au froid des boutons floraux selon leur stade de développement

Stades de développement  Température entraînant des dégâts
 Bourgeon clos déjà teinté  -5°C
 Apparition des pétales  -3°C.
 Pleine floraison  -1,5°C
 Nouaison (début de grossissement du fruit)  -0,5°C

Les fruitiers les mieux adaptés

Plus on s'élève en altitude, plus la saison de végétation est réduite et la montée en température faible, c'est pourquoi le choix de variétés dont les fruits arrivent très vite à maturité s'impose.
Au-dessus de 1200 m, il va se limiter aux petits fruits comme les myrtilles, framboises et groseilliers, ainsi qu'au prunier de Damas (Quetsches) et à des variétés précoces de pommes à cuire. Les fraisiers se plaisent également, certains exigent même une période de gel pour fructifier.

Un arbre qui fleurit mais ne fait pas de fruits

Rappelons que certaines variétés de fruitiers sont auto-fertiles comme l'abricotier. Cependant, la plupart ont une maturité sexuelle mâle et femelle décalée comme les cerisiers à chair douce, les pommiers, poiriers et beaucoup de pruniers. Si vous constatez que vos arbres fleurissent sans donner de fruits alors qu'aucune gelée n'est intervenue, n'hésitez pas à planter une variété compatible à proximité.
Par ailleurs certaines plantes accaparent les abeilles au détriment des fleurs du verger. Ainsi le pissenlit, le colza, la moutarde et les fèves ont la fâcheuse tendance à concurrencer la pollinisation du pommier.

Les fruitiers traditionnels

Des pruniers pleins de sucre

Les pruniers résistent à - 25°C mais leur floraison peut périr à l'issu d'une gelée printanière. Les plus adaptés au climat de montagne sont les quetsches appelées aussi "pruniers de Damas", très répandues dans le nord-est de la France. Les fruits possèdent un fort taux de sucre et contiennent peu d'eau ce qui en fait de bons candidats pour être séchés. On les utilise en outre pour la fabrication de compotes, mousses, confitures et conserves.
En visitant les vergers de montagne, on rencontre quelques variétés anciennes de pruniers qui ont pu faire leur preuve au niveau rusticité, à l'instar du prunier ‘Cul de poulet'. Celui-ci est assez répandu en Savoie, sa prune bleue très savoureuse se récolte en septembre et permet d'obtenir de succulents pruneaux qui, fendus en deux puis séchés, ont l'aspect de « cul de poulet » !

Des cerisiers en bonne compagnie

Les cerisiers sont cultivés sans problème jusqu'à 1000 m d'altitude. Exposés au nord, leur floraison est seulement retardée d'une quinzaine de jours. Etant relativement tardive, elle est rarement endommagée par le gel mais elle peut l'être par des vents violents et secs. La présence de ruches à proximité est conseillée pour améliorer la pollinisation ou bien la plantation de merisiers qui poussent très bien au-delà de 1000 m. Ces derniers bien que sauvages, peuvent produire par ailleurs d'excellents fruits, s'ils ont été sélectionnés.
La variété ‘Belle Magnifique', à chair fondante sucrée et acidulée, très juteuse est à conseiller pour les régions à hivers longs et rigoureux. L'arbre combinant les caractères de la cerise douce et de la griotte est de surcroît autofertile. C'est un bon pollinisateur des bigarreaux. Dans cette catégorie, on peut citer la variété ‘Moreau' très productive qui offre ses fruits mi-mai.
Il est possible de palisser un cerisier contre un mur à l'ouest mais, l'arbre étant vigoureux et fructifiant sur le bois de 2 ans, cela nécessite une taille suivie afin d'effectuer un renouvellement constant des vieilles branches.

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Les pommiers, un vaste choix

Les pommiers offrent un choix très large de cultivars, surtout depuis que les anciennes variétés sont remises au goût du jour. Vous pouvez les trouver assez facilement dans les Conservatoires de végétaux ou dans les pépinières ou jardineries spécialisées dans la production de fruitiers. N'hésitez pas à vous faire conseiller sur les variétés locales les mieux adaptées.
Voici quelques exemples de pommiers, à maturité précoce, fréquemment rencontrés dans les anciens vergers de montagne.
Calville de Haute-Savoie' produit des pommes plissées sur le dessous. Ses fruits rouges et jaunes se récoltent de septembre à novembre et se conservent jusqu'en mars.
Calville Rouge d'Hiver' un peu plus tardive est aussi une pomme à couteau excellente.
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Belle Fille des Salins

  originaire de Franche-Comté est une très bonne pomme très résistante au froid ainsi qu'aux maladies.

Carabille

se comporte aussi très bien en altitude. Ces fruits de taille moyenne à petite, à la peau rouge foncé sont parfumés et de bonne conservation jusqu'en mars. C'est une variété rustique venue de l'Aude.  

Reine des reinettes

  qui produit des pommes appréciées, jaune strié de rouge et à chair ferme, en septembre. C'est de surcroît une très bonne variété pollinisatrice, résistante aux gelées printanières. Ces fruits se conservent jusqu'en décembre.

Galantine

jaune et rouge, à faible conservation est parfaite pour confectionner des tartes et des compotes.  

Poiriers et cognassiers

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La floraison assez précoce du poirier rend la fructification aléatoire bien que l'arbre, originaire du nord de l'Asie centrale, soit capable de supporter des températures inférieures à - 30°C. On peut citer cependant la variété ‘Beurré Giffard' qui se cultive jusqu'à 1000 m. Elle produit des fruits, début août, de grosseur moyenne, jaune pâle avec un côté rosé, à la chair fondante, très juteuse, sucrée et acidulée.
Les cognassiers Cydonia oblonga ont une floraison rosâtre beaucoup plus tardive en mai, fort belle d'ailleurs. Ils présentent une résistance au froid de - 25°C. Notez qu'ils n'apprécient pas les excès de calcaire.


Plantez les noisetiers par paire

Les noisetiers sont rustiques sous tous les climats mais certaines variétés sont plus sensibles aux gelées printanières.
Merveille de Bolwiller' est une variété pour régions froides, originaire d'Alsace ou d'Allemagne. Elle forme un arbre très vigoureux à la mise à fruit rapide (récolte à la mi-septembre) et bon pollinisateur. Ses fruits ronds ont une amande de gros calibre, parfumée et sucrée. Ses pollinisateurs sont ‘Coxford', ‘Impératrice Eugénie', ‘Longue d'Espagne ou ‘Gunslebert'.
Pauetet' est une nouvelle variété adaptée pour les plantations en altitude mais à l'aise partout en France. Elle donne des petits fruits très nombreux, jusqu'à 8 kg par arbre au goût excellent. C'est une bonne plante de haie car elle supporte bien la taille. Elle est pollinisée par ‘Casina', ‘Jemstegaard' et ‘Segorbe'.
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Les fruitiers moins conventionnels

Le cormier (Sorbus domestica)


  Apprécié pour les qualités de son bois, le sorbier domestique ou cormier, est présent à l'état naturel, dans tout le sud de la France et jusqu'à 700 m d'altitude. L'essence assez rare au nord du Bassin Parisien est protégée du fait de son exceptionnelle longévité supérieure à 400 ans. Ces fruits en forme de poire de 2 à 3 cm de diamètre se mangent blets et servaient autrefois à la confection d'un cidre original. Il résiste en-deçà de -25°C sans problème.

L’amelanchier du Canada (Amelanchier canadensis)

C'est un arbuste de 3 à 5 m de haut très intéressant à plusieurs titres. La profusion de ses fleurs blanches au printemps est suivie d'une multitude de petites baies rouge pourpre au goût sucré et parfumé, relayée à son tour par une parure automnale étincelante. Son origine lui confère une résistance à toute épreuve !  amelanchier_270_01

Le sureau noir (Sambucus nigra )

sureau_noir_270  Il forme un petit arbre de 3 à 6 m, au feuillage découpé, qui fleurit en juin-juillet. Ses baies noires sont appréciées par les amateurs de gelées et de tartes

Le néflier commun (Mespilus germanica )


Ce petit arbre très rustique, originaire d'Asie Mineure s'est largement naturalisé en Europe. Il donne des fruits cuivrés à la chair dure qui se récoltent en fin d'automne. Il faut attendre 2 mois pour les consommer afin que la chair se ramollisse ou bien les laisser blettir sur l'arbre. Ils se transforment aussi en confiture, en boisson et accompagnent les plats salés. neflier_commun_270 











 



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